Casse-tête

La cérébrolésion

Rencontre du troisième type - Troubles exécutifs, de l’attention et apragmatisme

Notre cerveau est un merveilleux ordinateur, qui coordonne, séquence et ajuste en permanence toutes nos actions simples, pour permettre la réalisation d’actes complexes et l’ajustement au quotidien à tout imprévu, tout ceci coordonné par notre mémoire. Lorsque le cerveau est blessé au niveau du cortex préfrontal, on parle de syndrome dysexécutif : l’organisation des actes complexes est perturbée et rend difficile l’exécution d’actes de la vie quotidienne : tâches ménagères comme la cuisine, les courses, la gestion de la vie administrative, amicale, sociale, et professionnelle... Combinée à d’autres séquelles cette situation rend les personnes dépendantes de leur entourage pour toute organisation et planification.

Jean Ruch a découvert la cérébrolésion au travers de l’accident de voiture de Flavie (lien vers la présentation de la page Flavie), sa femme, en 1994. Ensemble ils affrontent avec leurs deux enfants de 11 et 6 ans, les séquelles invisibles qui empoisonnent la vie, la mémoire qui flanche, la fatigue, le regard d’incompréhension de l’entourage. Flavie a mis en place de nombreuses stratégies pour contrer les troubles exécutifs au quotidien, et bénéficie d’aides humaines pour l’aide à la parentalité.

Folies nocturnes - syndrome frontal, déshinibition

La désinhibition correspond à un comportement impulsif et inapproprié par rapport aux normes sociales ou familiales […]. Ceci peut se manifester par une tendance à la distraction, à l’instabilité des émotions, à des comportements inadaptés ou sans retenue : errance, […], comportement impudique ou envahissant, agressivité envers soi-même ou autrui. Cette séquelle est liée à une atteinte du lobe frontal du cerveau. (source : SOFMER FTC)

Renaud Guth est le père de Cédric, 33 ans, accidenté de la route depuis 2003. Cédric a subi un important traumatisme crânien, et les trois autres occupants de la voiture, dont le conducteur, sont décédés. Après 10 semaines de coma, Cédric s’est éveillé avec un syndrome frontal, rendant difficile le tri des pensées exprimables socialement, et celles qu’il faut inhiber. Aujourd’hui Cédric a retrouvé un équilibre et des relations sociales au sein de l’accueil de jour de l’AFTC Alsace et du Groupe d’Entraide Mutuelle LUDICA, mais le quotidien reste complexe face aux flots de pensée retraduits en paroles sans tri.

Crêpage de chignons – Anosognosie

Séquelle fréquente après lésion cérébrale, l’anosognosie consiste en « l’incapacité pour une personne cérébrolésée de reconnaître la maladie ou la perte de capacité fonctionnelle dont elle est atteinte » (définition du Larousse). Elle se traduit souvent par des projets personnels ou professionnels démesurés et inadaptés aux séquelles que la personne affronte au quotidien. Par exemple, la reprise d’études après l’accident alors que les capacités de mémoire sont fortement altérées. Cette séquelle rend complexe l’accompagnement de la personne et demeure invisible : les échecs de la personne sont incompréhensibles pour l’entourage professionnel notamment.

Véronique Tavet travaille au sein de l’Unité Accompagnement Social d’Humanis. Casse-Tête la série a été rendue possible grâce au soutien de l’Unité accompagnement social de la mutuelle Humanis.

Humanis, acteur de référence dans le monde de la protection sociale, occupe aujourd’hui une place prépondérante sur les métiers de la retraite complémentaire, de la prévoyance, de la santé et de l’épargne. Paritaire et mutualiste, le groupe Humanis est profondément ancré dans les valeurs de l’économie sociale et entend toujours mieux protéger ses clients, particuliers comme entreprises de toutes tailles.

Humanis concrétise son engagement auprès des populations en difficulté au travers d’une politique d’Action sociale dynamique axée sur des enjeux de société (handicap, perte d’autonomie, rupture sociale). Enfin, Humanis s’engage à leur apporter durablement des solutions et des services de qualité, en privilégiant la proximité, le conseil et l’écoute tout au long de la vie.

De mal en pizza – Parentalité

L’ensemble des séquelles dues aux lésions cérébrales acquises complexifie le quotidien des parents cérébrolésés et de leurs conjoints. Qu’il s’agisse de séquelles de mémoire, de syndrome dyséxécutif ou frontal, ou de séquelles physiques, la vie des familles concernées est complexe et nécessite bien souvent une présence constante d’aidants professionnels ou familiaux.

Flavie Ruch a été victime à l’âge de 18 ans d’un accident de la voie publique « banal » à 50 km/heure. 6 semaines de coma, deux ans de rééducation et un retour brutal dans la vie ordinaire ont conduit Flavie à la recherche d’une insertion professionnelle impossible au regard des séquelles et de l’absence d’adaptation du milieu professionnel à ses différences.

En 2004 et 2009 Flavie et Jean ont eu la chance de pouvoir accueillir deux enfants, avec lesquels ils vivent jour après jour, une nouvelle vie, où l’enjeu principal est de compenser ces séquelles par un accompagnement quotidien et l’intervention de différentes équipes spécialisées.

Rien à foutre – Angoisse et dépression

Différentes études ont montré qu’une personne sur trois victime d’un traumatisme crânien développait un état dépressif majeur. Selon d’autres études, il y aurait un lien entre des lésions antérieures gauche du cerveau et le risque de dépression. Mais d’autres facteurs concourent à la survenue d’un état dépressif comme : la conscience de la sévérité du handicap, l’abus de substances et d’alcool, la perte de travail ou encore l’isolement social. Enfin ce risque est plus élevé chez les femmes.

Cédric Guth, 33 ans, accidenté de la route depuis 2003. Cédric a subi un important traumatisme crânien, et les trois autres occupants de la voiture, dont le conducteur, sont décédés. Après 10 semaines de coma, Cédric s’est éveillé avec un syndrome frontal, rendant difficile le tri des pensées exprimables socialement, et celles qu’il faut inhiber. Mais en plus de ce problème, comme beaucoup de personnes cérébrolésées, il est enclin à des crises d’angoisse et de dépression. Un phénomène qui est très fréquent durant les mois qui suivent l’accident.

Qu’est-ce que la cérébrolésion ?